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CIWARA - Chimères africaines
L’une des premières expositions temporaires du musée du quai Branly est consacrée aux cimiers antilopes Ciwara, issus de l’art bamana du Mali. Souvent composées de plusieurs figures anthropomorphes ou animales, ces « chimères africaines » constituent un élément essentiel et fédérateur de la culture et de la vie des Bamana, mais aussi des populations voisines : Malinké, Bozo ou Séno,ufo ...
Masque ou sculpture ?
En bois sculpté, gravé, patiné, peint, orné de perles de crins, de pompons, le Ciwara peut être défini comme une sculpture portée sur la tête de danseurs. Les Ciwara (également appelés wara-kun,wara-ba-kun, nama-koro-kun ou sogo-ni-kun, selon les lieux) comptent de nombreuses variations stylistiques, en fonction des régions et de l’évolution du temps. Cette exposition permet de rassembler et de présenter ce que le monde scientifique connaît, à ce jour,sur ce sujet grâce aux études conduites depuis une vingtaine d’années, et d’aborder les éléments nouveaux disponibles.
Ouverte à tous, elle vise également à faire découvrir ce culte dont on ne connaît ni l’époque, ni le lieu d’origine sous un angle esthétique. Parce que le masque, le costume et la danse qui y sont liés sont indissociables de l’efficacité que dispense ce masque, l’exposition présente aussi le culte tel qu’il était pratiqué au travers de photographies et de films tournés sur le terrain.
Un objet aux pouvoirs bénéfiques L’exposition permet de présenter et de connaître l’aspect traditionnel de la société banama. Les danses du Ciwara ont lieu en plein jour, au début de la saison des pluies, aussi bien au milieu des champs qu’au village. Liées aux rites agraires, elles célèbrent l’union mythique du soleil, principe masculin, et de la terre, principe féminin, tout en stimulant l’ardeur des jeunes cultivateurs. Le Ciwara, qui sort généralement en couple, peut avoir un usage différent selon les villages : au moment des deuils, par exemple, pour dispenser des bienfaits ou pour lutter contre les morsures de serpent. Son pouvoir magique repose sur des objets sacrés appelés Boliw, sans lesquels le masque n’est qu’un objet inefficace. C’est un objet fédérateur et protecteur pour la communauté, d’autant plus que, si seuls les initiés le portent, il peut être vu de tous. Autrefois largement répandu au Mali, le culte Ciwara est progressivement abandonné est n’est plus guère en vigueur que dans quelques villages aujourd’hui.
Quatre styles de Ciwara attribués
Si l’on ne peut réellement identifier des « maîtres » dans l’art du cimier, quatre principaux styles, très divers dans leur forme, mais reliés par la destination des cimiers, sont exposés sur la Galerie suspendue est. Le style de Bougouni présente plusieurs motifs animaux combinés sur la même pièce. La crinière, stylisée,est en zigzag et le corps repose sur un animal hybride, mêlant l’antilope et d’autres espèces telles que l’oryctérope, le pangolin ou la pintade. Deux antilopes peuvent également être superposées, parfois avec un autre animal sous des formes plus ou moins abstraites. Le style de Bélédougou, que l’on trouve dans la zone d’influence de Bamako et au nord du fleuve Niger, présente une structure marquée par l’horizontalité : la partie supérieure figure une tête d’antilope aux cornes souvent démultipliées,tandis que la partie inférieure est constituée d’un animal de forme convexe, difficile Ã
identifier. Les antilopes attachées au stylede Ségou donnent une impression deverticalité accentuée.Le mâle et la femellese différencient nettement : le premier estplus grand avec un sexe fortement marqué,la seconde possède des cornes droites etporte souvent un petit sur le dos. Enfin, ledernier style de cimiers antilope est attribué,avec moins de certitude, à la région deSikasso. Raffinés et complexes, ces masques d’une grande diversité ne ressemblent guère à des antilopes, notamment les plus remarquables d’entre eux : les nama tyétyé.
Se dévoilent ainsi aux visiteurs 36 objets parmi les 60 de la collection, qui permettront au public à la fois d’admirer et de comprendre l’esthétique, les rites et les croyances liés aux Ciwara de l’art bamana du Mali. CIWARA - Chimères africaines
L’une des premières expositions temporaires du musée du quai Branly est consacrée aux cimiers antilopes Ciwara, issus de l’art bamana du Mali.
Souvent composées de plusieurs figures anthropomorphes ou animales, ces « chimères africaines » constituent un élément essentiel et fédérateur
de la culture et de la vie des Bamana, mais aussi des populations voisines : Malinké, Bozo ou Séno,ufo ...
du 23 juin 2006 au 15 décembre 2006
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