Relique
peu courante qui ne laisse pas indifférent nos regards
européens.
Traçe tangible et matérielle des ancêtres
défunts, les reliques maintiennent le souvenir du
défunt, lien entre le monde des vivants et celui
des morts.
Un culte important
est rendu à ces reliques au travers de prières
et de sacrifices.
Elles sont même informées des décisions
importantes que doit prendre la communauté ou un
individu.
Les crânes
surmodelés se retrouvent dans quelques peuplades
anciennes, telles que les Dayaks de Bornéo mais
aussi les Sépik en Papouaisie, en Océanie,
mais aussi chez les Tiv au Nigéria, les Kota au Gabon et
les Fon au Bénin.
Les crânes
dits "surmodelés" sont recouvert d'une épaisse
couche d'argile, incrustée parfois de matières
diverses telles les graines rouge d'abruzzes notamment
chez les Tiv.
Dans le livre "Masques" éditions
Dapper, page 284, texte de Léo Frobenius 1898,
on apprend que le culte des reliques et principalement
des crânes, est important en Afrique.
Ces reliques permettent parfois de garder
et de s'attribuer les qualités du défunt,
mais aussi de communiquer avec lui, puisqu'il habite toujours
dans ce support...
D'autres utilisations plus guerrières,
ou plus rituelles peuvent aussi être faites, selon
chaque ethnie et leur culture.
D'après des sources locales FON
(prêtre du vodun Gambada au Bénin) ces reliques étaient
principalement utilisées par les Ada, pour des
rituels de divination.
Le président Kerkou en ayant interdit l'usage dans
les années 70 elles furent dissimulées ou
enterrées, car leur possesseur ou utilisateur était
passible de prison.

Superbe pièce, ancienne.
Le crâne est ceint de cordelettes obturant les orbites.
Provenance village Koudjawoé, proche Bohicon, Bénin,
voir Google Map
Selon notre source locale qui est allée recueillir
ces informations, ces rites sont toujours vivants et une
famille peut avoir plusieurs autels et crânes d'ancêtres.
Notre contact n'a pu savoir précisément pourquoi
les objets ont été cédés, manque
de pouvoir ou manque d'argent, probablement un peu des
deux, le propriétaire des objets s'étant
fermé à cette question.
NB : ces informations ont été obtenues avec
difficulté, distillées avec réticence
par leur propriétaire, et retranscrites du mieux
possible en bon français...
Nous pensons qu'elles sont partielles et "politiquement
correctes", destinées à des non initiés.
Le
crâne avec les liens et les yeux bandés
concerne la fidélité dans les couple mariés.
Le premier jour du mariage, pour se protéger de
l'infidélité, les époux vont voir
le féticheur, qui peut parfois leur recommander
de passer nu devant un autel sur lequel était posé ce
crâne, puis s'agenouiller et prier.
Si l'un des deux venait à trahir la fidélité à son
conjoint, il serait puni par les ancêtres et tomberait
gravement malade ou serait pris de folie.
Mais s'il reconnaissait son infidélité, il
pouvait revenir devant le crâne accompagné d'un
ancien de la famille pour demander aux ancêtres quelle
cérémonie de purification devait être
faite. Généralement ces cérémonies
aboutissaient à un divorce, et l'homme infidèle
ne pouvait alors plus se remarier... |