Ces fétiches spectaculaires sont parmi les plus prisés d'Afrique, et sont utilisés par les Songyé. Le Nkishi est un médiateur entre le divin et les hommes...
On fait appel au Nganga (sorcier) en cas de stérilité, maladie, ou de menace. Il confectionne alors un Bwanga (pl. Manga) qui permettra d'atteindre le but désiré, qu'il s'agisse de procréer, guérir, se protéger des malheurs, de la foudre, ou encore d'avoir une chasse giboyeuse.
Un bwanga est un objet ou un assemblage d'objets particuliers auxquels le sorcier incorpore des Bishimba ou amalgames d'ingrédients secrets...
Le Nkishi est une forme particulière de Bwanga qui revêt une forme antropomorphe. Les Bishimba y sont incorporés dans des cavités du nombril et de la tête.
On distingue deux grands types de Mankishi : l'un est destiné à protèger l'ensemble du village et à assurer la fertilité des femmes, le second est confectionné pour un usage personnel ou lié à une famille.
Le premier est généralement d'une taille allant de 60 à 100 cm et plus, le second de taille plus modeste.
Outre l'implant des Bishimba, le sorcier va y ajouter d'autres matières, peaux, fourrures, tissus, clous et plaques de laiton, corne, coquillages...
Une fois confectionné et activé par le Nganga, les Mankishi personnels (aussi appelés Kankishi, étaient placés sur les autels domestiques.
Les Mankishi communautaires étaient eux conservés dans un sanctuaire particulier, situé généralement au centre du village, puis confiés à un gardien censé posséder des pouvoirs de communication et traduire la parole du Nkishi sous une emprise mediuminique...
D'après F. Neyt, Le sensible et la force.
Ici un beau Nkishi ancien, bois dur patine mate, clous de tapissier, manque de matière sur les lèvres.
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