En pays Africain le tissage est un acte fondamental.
Tisser, c’est aussi construire la parole, l’articuler, lui donner un sens.
La traduction de son nom chez les Dogons signifie "grincement de la parole".
Dans la mythologie Dogon, selon l'ethnologue G. Calame-Griaule (La Parole chez les Dogon), le métier à tisser est une métaphore de la parole primordiale :
"Les dents évoquent le peigne et la langue qui va et qui vient sans cesse dans la bouche, la navette; la poulie, d'où proviennent les grincements caractéristiques du métier, a pour répondant le gosier, c'est-à-dire plus particulièrement l'endroit du larynx où se forment les sons; les lisses du métier sont figurées par la luette qui monte et qui descend quand on parle; les paroles elles-mêmes sont le fil que le tisserand transforme en tissu."
Dans le métier à tisser, qui est construit à l’image de l’univers, la poulie est au centre et se situe sur la ligne d'horizon du tisserand, face à lui.
D'objet utilitaire, elle devient oeuvre d'art et l'expression d'une culture.
Selon les régions, ces petits objets de la vie quotidienne, sculptés avec soin, offrent d'infinies variations de représentations.
Ce sont généralement des silhouettes stylisées, des têtes d'aninaux ( bovin, oiseau, antilope...) têtes humaines ( le plus souvent féminine avec une coiffure très fouillée...), personnages janiformes accolés dos à dos, voire tête contre tête...
Plus rarement on pourra trouver la représentation d'un objet domestique ou d'un personnage en pied.
Belle poulie ancienne, que nous attribuons avec réserves à l'ethnie Bwa.
Bois dur, belle patine, mais peu servie au tissage. |