Chez les Zaramo de Tanzanie, ces poupées-statuettes appelées "mwana hiti" (enfant de bois en langue swahili), sont “chargées” lors de sacrifices qui ont pour fonction de les relier aux esprits des ancêtres à l’origine du clan paternel.
La jeune fille une fois pubère est soustraite à la communauté et mise en isolement.
Sa tante paternelle lui remet alors son “enfant de bois” que la jeune intronisée habille avec des morceaux de tissus prélevés à ses vêtements, décore de perles extraites de ses colliers et coiffe d’une touffe de ses propres cheveux.
Ainsi paré, il devient l’objet de toute son attention :
il est lavé, nourri, cajolé, comme s’il était son propre enfant.
Enfin, lors des cérémonies de fin de retraite, l’initiée danse devant la communauté des femmes en exhibant fièrement son enfant de bois.
La danse se termine par l’autodafé des vêtements et des cheveux de la statuette qui se trouve alors désactivée. Devenue poupée, elle est gardée par la mère qui l’offre parfois à sa première fille (d'après H. Cole, 1989, voir aussi E. Cameron "Isn't S/he a doll page 91").
On apprend aussi page 84 de "Marionnettes et masques" éditions Sepia, que chez les Zaramo, la fillette possède 2 poupées, une grande et une petite.
La grande, sans cesse près d'elle est considérée comme une incitation à de nombreux enfantements.
La petite est abandonnée lors de l'accouchement...
Très belle pièce ancienne, patine d'usage, un peu brute, mais c'est ce qui fait tout son charme...
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