En Afrique, les sièges comptent parmi les oeuvres d'art les plus répandues.
Qu'ils soient destinés à un usage courant, exceptionnel ou officiel, les sièges, par l'incroyable diversité de leurs formes, attestent de l'existence d'une pluralité de styles et d'esthétiques.
La façon de s'asseoir révèle des rapports de pouvoir et de domination de même qu'un système culturel fondé sur une stratification très hiérarchisée de la société.
S'asseoir est un privilège.
Selon la légende, c'est au XVIIIème siècle que le premier roi Ashanti, Oseï Tutu, a reçu du ciel le Tabouret d'Or.
Elevé au rang de symbole de la monarchie Ashanti, il incarne, jusqu'à nos jours, l'âme collective de ce peuple.
Personne ne peut s'y asseoir, pas même le roi.
Lors des très rares présentations publiques du Tabouret d'Or, le souverain doit, en effet, s'asseoir en arrière de lui, sur son propre siège.
Traditionnellement, le siège est, pour les Ashanti, un objet de toute première importance, réalisés sur des critères très stricts, et décoré pour personnifier son propriétaire.
Les tabourets Akan et plus particilièrement Ashanti se présentent sous une multitude de formes complexes et variés comme l'étaient les rituels qui présidaient à leur fabrication. N'importe qui peut acheter un tabouret à condition que le modèle choisi corresponde à son rang social.
Nana Afuro, le chef Akan, est généralement assis sur un siège sculpté en bois (Ahennwa) lorsqu'il reçois dans son palais.
Cet objet est le reflet des activités sédentaires des sociétés très tôt étatisées.
La puissance symbolique du Dwa ( mma dwa --> siège de femme, mmarima dwa --> siège d'homme...) se devine dans l'expression Adwa ato fam, le siège s'est renversé, qui signale sans le dire la mort du chef.
Le rang du possesseur du Dwa se lit dans les motifs sculptés et les matériaux utilisés.
D'après "Ghana hier et aujourd'hui", éditions Dapper.
L'utilisation pouvait être rituelle ou quotidienne, mais tout au long de la vie de son propriétaire le tabouret restait intimement lié à la vie de celui-ci, et à sa mort devenait un autel devant lequel on évoquait l'esprit du défunt.
Les tabourets de petite taille appartenaient aux enfants et étaient des cadeaux de leurs pères.
D'après "l'Art des Formes" éditions Skira.

Provenance collection particulière
Les Ewé sont une ethnie géographiquement proche des Ashanti.
Ici un superbe siège de chef qui aurait appartenu à un chef de canton (origine en cours de vérification). L'assise mesure 48 x 26 cm, et la hauteur, du sol au point le plus haut de l'assise fait 48 cm.
Il est monoxyle taillé à même le tronc d'un arbre dont on a dégagé la forme de l'objet.
Le pied polychrome caryatide est très original, représentant un lion tenant un petit gnou en bouche.
Patiné ciré claire, beau lustre, très bel état. Bois très lourd, pièce unique.
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