Selon le Mazenod
page 552,
la statuaire Dan, peu importante, n'est pas destinée au
culte des ancêtres ou des esprits, mais serait représentative
de portraits d'épouses "Lu
Me" ou "Lu ma" (êtres humains
en bois).
Ces statues sont réalisées pour accroître
le prestige de leur commanditaire.
Toutefois, on peut penser qu'elles sont associése
à la fécondité puisque plusieurs représentations sont celles
de mères portant leur enfant dans le dos.
Burkhard Gottschalk, dans
"L'art du continent noir" Vol II page 118 et suivantes,
nous en apprend un peu plus.
C'est le chef du village qui va commander
une statue, qui devra ressembler à sa femme unique ou sa
première femme.
La statue en portera le nom. Il paiera
lui-même l'ouvrage car la statue sera sa propriété privée.
Le prix d'une telle statue pouvant équivaloir à celui d'un
boeuf, seul un chef ou un notable pourra se l'offrir, allant
jusqu'à demander une petite rétribution pour la montrer.
De telles statues sont soigneusement empaquetées
et rangées leur garantissant une bonne conservation.
Mais Himmelheber avance encore une autre
hypothèse.
Selon lui, chaque société secrète masculine compte
une femme appelée "mère du village". En cas d'absence,
elle peut se faire représenter par une statue la personnifiant.
Ces statues sont conservées par la famille
lors de la mort de leur propriétaire, et ne sont vendues
que lorsque le souvenir de ce dernier est effacé.

Belle, ancienne, splendide patine noire
lustrée, reste d'argile blanc sur la face, tresses en
crin de cheval.
Bois dur, fentes anciennes.
Nous a été collectée à Man comme étant
une statuette de féticheuse guérisseuse d'enfants. |