Chez les Lega, les figurines en ivoire et en bois occuppent une place importante dans le culte dit "du Bwami".
Cette société réglait toute la vie sociale et politique des Léga.
Divisée en 4 ou 7 grades suivant les régions, elle requérait de nombreux emblèmes.
Franchir un échelon nécessitait une série d'initiations, des présents et des paiements réglés par le lignage.
Cela signifiait que l'on avait acquis une certaine sagesse et une morale individuelle.
Les grandes cérémonies organisées pour l'accession au grade le plus élévé exigeaient la construction de villages entiers pour héberger le clan de l'impétrant et les invités membres d'autres clans qui se déplacaient parfois de fort loin.
La circoncision était une étape indispensable pour l'entrée dans le Bwami.
Elle était accompagnée d'un enseignement de proverbes et la manipulation d'objets dotés d'une signification morale et pratique.
La cérémonie d'accession au Kindi était marquée par le dévoilement du "panier du pouvoir" qui contenait les insignes, cuillères et statuettes.
D'après page 570 de l'Art Africain" - Mazenod
La plupart des statuettes sculptées expriment de prime abord des qualités physiques souhaitées par les Léga.
Mais elles sont aussi et surtout des objets initiatiques exprimant des métaphores à plusieurs niveaux de compréhension.
Elles peuvent illustrer un proverbe particulier ou faire allusion à un événement précis.
Ainsi une statuette à multiples visages signifie le don de double vue, elle représente le chasseur d'éléphant qui va en même temps le voir et regarder derrière lui pour appeler des renforts.
Un bras levé figure la lamentation que provoque la sorcellerie et l'arbitrage des querelles.
Une figure en zig Zag, un homme qui court et repart en arrière. Lles objets courbés, que le jeune doit prendre soin du vieux qui ploie sous les charges magiques...
Les boutons sur la tête, le chapeau des grands initiés...
Toutes les statues portent un nom et racontent une histoire.
D'après "l'Art Africain" Mazenod page 571
Pour plus d'exemples, faites un tour sur "Détours des mondes"...
D. Biebuyck a répertorié 2 grandes familles d'appartenance pour ces objets :
- les Kalimbangoma, statuettes antropo ou zoomorphes en bois et parfois en ivoire pour les deux derniers grades du Bwami que sont Yananio et Kindi
- les Maginga (singulier Iginga), principalement en ivoire, gardées par les hauts gradés du Bwami.
Exception : certaines femmes du grade Kanyamwa qui en possèdent.
les Maginga sont les plus puissantes.
Lors des cérémonies, elles sont frottées à l'huile de palme ce qui leur donne cette belle couleur jaune d'or.
Il arrive aussi parfois de les "râper", la sciure et les copeaux entrant dans des potions médicinales à ingérer ".
D'après "Art of the Lega " E. Cameron pages 116, 120, 131.
Petite Iginga en bois dur, belle patine, très douce dans ses formes...
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