Les Teke constituent une population importante de l'ordre de 450 000 habitants répartis sur trois états :
le Gabon, la République du Congo (Congo-Brazaville) et la République Démocratique du Congo (Congo-Kinshasa).
En 1906, le Francais Robert Hottot est le premier à s'interresser aux statuettes Téké.
Il en dégage trois types :
- le Tégé, qui est une statuette non consacrée
- le Butti, figure d'ancêtre chargée d'un Bonga
- le Nkiba, figure d'ancêtre habillée mais non chargée
Plus tard en 1913, l'administrateur colonial Kièner note des informations quelques peu différentes, plus Soundi que Téké, qui désignent les statuettesavec des noms proches de Bifouiti, Bitégui ou encoure Moukouya lorsqu'elles sont consacrées (exemple : Kitéki na matomba désignat le fétiche contre la malaria).
Ces classifications et les nombreuses qui ont suivi sont considérées comme obsolètes bien qu'intérressantes.
Elles étaient valables pour un lieu et une époque donnée et ne peuvent être généralisées.
Selon les dernieres publications en date (Gwete Lema / Alain Roger) mieux vaut se méfier des formes et s'attacher aux accessoires et substances d'accompagnement pour les définir.
Adapté de Bateke RMN - 1999 - pages 127/135
Nkira ou Buti ?
Les figurines Téké interviennent dans des rites fondés sur les notions de Nkira (pl. bankira) et de Buti (pl. mati) .
Les bankira sont des esprits de la nature dont l'origine peut être mythique, indéterminée, familliale, ou historique.
Le buti est une entité (concept) magique que l'on va retrouver chez les Kongo et les Yaka sous le terme de Nkisi.
En simplifiant, on peut dire que les Nkira définissent des actions rituelles positives, la volonté des ancêtres étant d'être bienveillant envers leur descendance, alors que les Buti auraient un rôle et des buts plus ambigüs et égoistes.
Ces deux entités peuvent être associées à divers matériels, statues, mais aussi calebasses, boîtes, sachets...
Dans le cas d'une statuette, sa consécration consiste en la préparation de médecines symbolique.
Leur application dans les réceptacles de la statuette va inviter les esprits à y résider. Parfois la masse d'ingrédients est telle que le corps de la statue disparaît, lui donnant un aspect de "toupie".
Une fois consacrée, la statuette devient nkira ou buti, cad objet de culte. A noter que les propriétaires de ces fétiches peuvent détacher le l'amalgame de médecine qui est le leur, et vendre le corps de la statue à d'autres familles.
Les Bankira sont principalement des Ntswo, cad des représentations d'ancêtres. Leur nomenclature rappellent les fonctions qu'exercaient ceux-ci de leur vivant.
Les Ntswo sont donctrès variés : ntswo mpu (ancêtre chef), ntswo mutsuli (ancêtre forgeron), etc.
Les charmes Buti sont tout aussi variés et divers que les Bankira.
Leur usage se rapporte à tous les secteurs de la vie : divination, protection, vengeance, richesse...
Les Téké en distinguent néanmoins trois sortes :
- buti bwampaam qui interviennent dans diverses thérapies
- buti bumbyuu pour la chasse
- buti ewo pour la protection ou la veangeance
Enfin, pour finir, il n'existe pas toujours une corrélation très nette entre l'aspect et l'usage, si bien que leur attribution exacte est quasi impossible !!!
Adapté de l'excellent texte de Lema Gwete, publié page 300 de Trésors d'Afrique - Musée de Tervuren - Brouwers - 1995

Provenance collection particulière
Belle pièce de bonne ancienneté, bois sombre, mi-dur, quelques traces de xylophages, le réceptacle est encore chargé, yeux en cauris.
Bois ciré, comme dans beaucoup de collections, mais sinon la pièce est très bonne. |