| Chez les Sénoufo, les statuettes sont très diverses de forme et de fonction, mais jouent presque toutes un rôle dans l'initiation du Poro. Ce sont des éffigies de maternité qui représentent Kaatleyoo, l'ancêtre mythique ou encore les statues pilons du Poro, les Déblé qui atteignent parfois des dimensions monumentales et qui, précieusement conservées dans l’enceinte du Bois Sacré du Poro , le Sinzanga ou Sézing, protègent les initiés encore vulnérables. Au nombre de deux, elles sont tenues par celui qui ouvre la marche et celui qui la ferme, et qui martèlent le sol à l'aide de la base de la statue. D'après "Arts premiers de Côte D'ivoire", page 16, éditions Sépia. Dans "l'Art Africain" de Mazenod, on note page 513 que : Dèblè est l'abréviation
de Madèblè qui signifie esprit.
Allant souvent par paire, elles incarnent le couple primordial et constituent l'unité sociale idéale qui respecte le lignage des ancêtres. Elles interviennent aux funérailles
d'un chef honoré du Poro.
La mort est annoncée par l'arrivée d'un masque en fibre, puis les initiés quittent le bois sacré en procession solennelle pour rendre visite au corps de l'ancien qui repose dans sa maison. L'homme masqué, le Nafeere tourne trois fois autour du cadavre, tenant la figure masculine qui symbolise les trois grades du cycle Pondo (poro en dialecte Fodonon).
Avant l'enterrement la figure est à nouveau portée autour de la maison des hommes par le Nafeere masqué. Dans "Sénoufo, trésors
inconnus" de Burkhard Gottschalk - Terra Incognita,
page 172 et suivantes, on apprend que tous les Dèblè
n'étaient pas forcément employés à marteler le sol et
que certaines statues ou statuettes à base plate, n'étaient
jamais bougées..  Grand Dèblè en bois mi-dur, légèrement
termité. |