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Drouot Salle des ventes
Art africain et précolombien provenant
de l’ancienne collection d’un grand amateur européen
La redécouverte d’une ancienne collection comprenant des chefs d’œuvre jamais montrés au public depuis 1935 constituera un des évènements phares de la saison.
Entre autres joyaux, de fabuleux ivoires d’une extrême ancienneté seront proposés aux enchères :
Seront dispersés un superbe et important masque Lega, de l’ex Congo Belge, ainsi qu’une tête de la même origine, ayant été exposés au Museum of Modern Art de New York en 1935 et à Paris à la galerie Pigalle en 1930 ; le plus bel exemplaire connu d’éventail Fang à poignée anthropomorphe, et bien d’autres merveilles acquises pour la plupart du célèbre antiquaire anversois Henri Pareyn, mort en 1928.
Pour l’art précolombien, on remarquera une importante série de jades du Costa Rica et du Mexique ayant appartenus à André Breton, Paul Eluard ou Aragon, présentés dans leur écrin d’époque.
Parmi les pièces majeures :
Superbe masque de grand initié « lukungu »
Ethnie LEGA,
République Démocratique du Congo
Ivoire à profonde patine rouge sombre
H : 20 cm
Sculpté dans un ovale presque parfait, le visage est en forme de cœur, les yeux striés sont ouverts, ainsi que la bouche dont les dents sont marquées. De fines scarifications circulaires ornent le front haut placé, les arcades, les tempes et le menton.
Trous de suspension sur le pourtour.
L’extrême minceur des parois, la profondeur de la patine d’usage, la sculpture interne très en creux indiquent un objet d’une très grande ancienneté, peut-être le plus ancien qui soit parvenu jusqu’à nous.
Chez les Léga, les masques, le plus souvent sculptés en bois, étaient utilisés au cours des rituels de l’association « Bwami », société initiatique à caractère philosophique, politique, social et religieux. Les passages de grade successifs étaient destinés à guider ses membres sur le chemin de la connaissance et du développement des vertus supérieures.
Lorsqu’ils étaient faits d’ivoire ou d’os, les masques étaient réservés aux membres du grade suprême et ne se transmettaient que par héritage ou donation. Le plus grand soin était apporté à leur conservation. Ils étaient avant chaque utilisation rituelle soigneusement polis et oints d’huile et de n’gula.
Les grands initiés se devaient de posséder toutes les vertus comprises dans le concept « busoga », concept complexe englobant des qualités de force morale, de sagesse, de bonté et de maîtrise de soi. Peu de membres du Bwami parvenaient à ce grade qui représentait l’aboutissement du parcours initiatique.
Il n’existe que de très rares exemplaires de grands masques Lukungu en ivoire.
Celui-ci est sans conteste l’un des plus beaux connus. Il a fait partie de l’exposition « African Negro Art » au Museum of Modern Art de New York en 1935.(n°461)
Datation : 19è siècle ou antérieur
Estimation : 400 000/600 000 €
Eventail d’apparat Fang, « Akwa »
Gabon
Ivoire à superbe patine d’usage blonde ambrée, cuivre, cuir.
Hauteur : 34,5 cm ; Hauteur du manche : 15,5 cm
La main gauche de l’homme est posée sur sa joue, celle de droite sur son coude. Les mains de la femme sont placées sur son ventre. Les têtes légèrement tournées rappellent la forme du crâne nu. Les yeux ronds sont creusés et ont servi à maintenir de petites inclusions de cuivre, une seule ayant subsisté. De petits bracelets de cuivre ornent les jambes et les bras.
La palette faite de cuir est circulaire et maintenue au manche par un clou de cuivre.
Cet éventail, sans conteste le plus beau connu, se distingue par le choix de la matière, l’ivoire, rarement employé chez les Fang. Le thème représenté, deux personnages masculin et féminin dos à dos -symbole du couple ancestral - est par ailleurs exceptionnel.
Instrument d’apparat réservé aux chefs et aux grands dignitaires, il s’agit du seul exemplaire de ce type qui soit parvenu jusqu’à nous, témoin d’un art Fang d’une grande ancienneté.
Reproduit dans : « Chef d’œuvre inédits de l’Afrique noire », Fondation Dapper, Paris, 1987,
n° 78.
Datation : 19e siècle ou antérieur.
Estimation : 400 000 / 600 000 €
Très belle statuette rituelle « iginga »
Ethnie Lega
République démocratique du Congo
Ivoire à profonde patine blond ambré
H = 16 ,5 cm
Statuette figurant un personnage masculin en position debout. La tête, de forme oblongue, est d’une taille importante. Le visage aux yeux arrondis, au nez fin, à la bouche en avancée, est remarquablement expressif. Le corps aux larges épaules, aux cuisses très accentuées, offre une grande dynamique de sculpture. Cette œuvre est l’une des plus belles igingas connues.
Comme les grands masques, les grandes statuettes d’ivoire appartenaient toujours aux membres du grade suprême de la société Bwami. Elles étaient également polies et enduites d’huile de palme et de n’gula avant chaque utilisation rituelle, ce dont témoigne la richesse de la matière.
Provenance : Acquise de l’antiquaire anversois Henri Pareyn le 6 février 1926, cette statuette
A figuré à l’exposition d’art africain et océanien à la galerie Pigalle sous le n°217. Elle est reproduite dans la revue cahiers d’art, 1930, n°1, fig.63
Datation : 19è siècle ou antérieur
Estimation : 60 000 / 80 000 €
Remarquable tête rituelle
Ethnie Lega
République démocratique du Congo
Ivoire à profonde patine blond foncé
H = 12 cm
Cette tête, à la très belle stylisation, montre un visage en forme de cœur au nez mince, à la bouche absente. Les yeux étaient certainement figurés par des cauris fixés à l’aide de résine, aujourd’hui disparus. Il demeure à l’emplacement des orbites un espace plus clair qui donne une impression de regard lointain, presque vide.
Plus nombreuses que les masques, les têtes étaient également réservées aux membres du grade suprême de la société Bwami. Elles étaient utilisées lors des rites d’initiation après avoir été longuement polies et ointes d’huile de palme et de n’gula. La signification de ces objets devait rester secrète et recevait un nom que seul l’initié connaissait. Cet exemplaire illustre remarquablement l’aspect énigmatique de l’art lega.
Provenance : Acquis de l’antiquaire anversois Henri Pareyn le 1er mars 1927. Une ancienne étiquette portant le n° 29 est fixée sous le cou. L’objet a figuré à l’exposition d’art africain et océanien à la galerie Pigalle en 193O (n°220) et à celle de New-York, « African negro art » en 1935 au Museum of Modern Art (n°515).Reproduit dans Cahiers d’art,1930, n°1 fig.58 et dans le Herald Tribune annonçant l’exposition.
Datation : 19è siècle ou antérieur
Estimation : 40 000 / 60 000 €
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