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Les pays de l'Afrique Australe sont peuplés par les Bantu qui y ont créé des royaumes puissants et redoutables comme celui de Pagangubwe sur le Limpopo aux environs de 1100. On pense que les ruines du Grand Zimbabwe sont les restes d'un puissant royaume shona qui a existé dans les années 1200. Les recherches archéologiques et préhistoriques permettent de remonter encore plus loin dans le temps ; les australopithèques sont présents depuis plus de 1 million d'années au moins et l' "homo sapiens sapiens" entre 8000 et le début de notre ère. Comme on peut l'occupation humaine en ces lieux est bien antérieure à l'installation des européens même s'ils prétendent avoir découvert des terres vierges de toute trace de présence humaine. Les souvenirs historiques les plus impressionnants restent liés à l'empire Zulu au moment ou Chaka le dirigeait au XIXème siècle.
Le dépouillement des catalogues et ouvrages d'art laisse la forte impression que l'Afrique Australe n'a pas choisi d'exprimer ses émotions et sa vie culturelle dans la grande sculpture telle qu'on la rencontre en Afrique Occidentale et Centrale par exemple. Toutefois, ce qui existe de sculpture dans cette partie du continent ne peut être présenté isolé du reste de ses créations artistiques traditionnelles comme les peintures rupestres. Les plus anciennes du continent ont été découvertes dans des abris rocheux de l'Afrique du Sud et des régions avoisinantes. Celles du site "Apollo II" au sud de la Namibie sont vieilles de plus de 27500 ans. L'élan, animal le plus représenté dans ces peintures, n'est pas celui qui est le plus chassé par les San, auteurs de ces oeuvres. Les résultats des dernières recherches ont démontré que ces scènes sont le résultat de visions obtenues lors des transes des guérisseurs. L'élan réapparaît dans les masques Chewa de Zambie ; on connaît aussi le "nyau maliro", grand masque empruntant sa forme à l'antilope. Il est supposé abriter l'esprit d'un défunt.
Sur le site du Grand Zimbabwe, il existe une série de poteaux en stéatite. A leur sommet se trouvent des oiseaux, probablement des aigles. Les shona qui ont fondé ce royaume considèrent les oiseaux, les aigles en particulier, comme des émissaires en rapport avec les esprits des ancêtres. Il est probable que chaque sculpture soit comme un portrait d'un souverain : les représentations sont différentes les unes des autres. Les traditions sculpturales du Grand Zimbabwe nous ont aussi laissé en héritage des sculptures qui combinent les formes humaines et animales de façon si subtile qu'on pourrait s'y méprendre. Les artistes contemporains s'inspirent encore de ces formes anciennes pour nourrir leur imaginaire.
Les besoins quotidiens ont donné naissance à de nombreuses pièces : pipes, tabourets et appui-nuques. Il est presque certain que ces objets utilitaires sont porteurs de symboles. Les appui-nuques par exemple peuvent être des indicateurs de statut social. On pense aussi que les appui-nuques sont le lieu où viennent reposer les révélations des ancêtres lors des rêves. La créativité peut s'observer dans la complexité des formes, la capacité des artistes traditionnels à jouer avec le plein et le vide ou la complexité du décor.
Joseph Adandé Historien de l'art Université d'Abomey-Calavi, Bénin
Orientation bibliographique :
Encyclopaedia Universalis, 1985 : Le Grand Atlas de l'Archéologie, Paris, 423 p.
MACK, J. (ed), 2000 : Africa, arts and cultures. British Museum Press, 224 p.
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