
Appui-tête attribué au 'Maître de la coiffure en cascade'
atelier de Kinkondja, Luba Shankadi, République Démocratique du Congo
1.356.000 € - Record mondial pour une sculpture Luba

Masque Punu, Gabon
594.400 € - 2e prix le plus élevé pour un masque Punu
Le 6 juin 2005 - Le succès remporté par la vente organisée aujourd'hui à la galerie Charpentier montre la place croissante de Paris dans le domaine de l'art africain et océanien (4.979.160 € soit 83.65 % en valeur). Depuis l'ouverture du marché en France, les ventes organisées par Sotheby's à Paris obtiennent des résultats de plus en plus importants. Aujourd'hui, les pièces d'art africain obtiennent des enchères sans précédent et certaines rivalisent avec les records obtenus par les objets d'exception de l'art occidental.
Les collectionneurs internationaux sont venus nombreux se disputer les pièces provenant des deux collections Jenö et Rosa Studer-Koch et Paolo Morigi, et les œuvres importantes appartenant à divers amateurs. Les quatre jours d'exposition ont attiré plus de 1500 personnes à la galerie Charpentier venues découvrir cet ensemble unique, mêlant les provenances les plus prestigieuses dans ce domaine et des pièces d'une qualité rare dont certaines étaient accompagnées d'une documentation très pointue.
L'enchère la plus élevée de la soirée récompensait un exceptionnel appui-tête Luba-Shankadi de la République Démocratique du Congo, attribué au 'Maître de la coiffure en cascade', qui battait à 1.356.000 € le record mondial pour une sculpture Luba (lot 31, estimation : 200.000/250.000 €*).
Acquis vers 1940 par Jenö et Rosa Studer-Koch, ce chef-d'œuvre, formé de deux personnages assis face à face les bras enlacés dans une pose naturaliste, est attribué au 'Maître de la coiffure en cascade', dont la main a été identifiée par William Fagg vers 1960 à partir d'une pièce proche appartenant à l'ancienne collection Charles Ratton. Provenant du petit royaume de Kinkondja, cet appui-tête appartient à un groupe parfaitement identifié et très restreint dont l'un est conservé au British Museum.
Un extraordinaire masque Punu, collecté au Sud du Gabon, obtenait à 594.400 € la deuxième plus haute enchère pour ce type de masque (lot 42, estimation : 200.000 à 250.000 €). Provenant de divers amateurs, ce masque ancien présente des caractéristiques uniques, en particulier la magnifique coiffe divisée en quatre coques.
Les sculptures de la collection Paolo Morigi ont suscité l'intérêt des collectionneurs. Une des pièces historiques était un trône Bamum soutenu par dix maternités cariatides de la région du Grassland, au Cameroun, qui remporta à 549.600 € la troisième enchère des deux vacations (lot 128). Considéré comme le plus beau siège royal de la région du Grassland, il fut présenté comme l'une des œuvres phares à l'exposition historique African Negro Art au Musée d'Art Moderne à New York en 1935. Une statue féminine Baulé assise, le regard fixé sur le bracelet à son poignet, que Paolo Morigi avait acquise auprès du marchand parisien Ascher en 1925-1926, a été vendue à 280.800 € (lot 114). De l'ancienne collection Han Coray Lugano-Agnuzzo, un porteur de coupe Songye, République Démocratique du Congo, était adjugé 280.800 €. Cette pièce exceptionnelle, relevant à la fois de la tradition des figures d'ancêtres Songye et de celle des statues porteuses de coupe Luba, est l'un des deux exemplaires existants avec celui conservé au musée ethnographique de Tervuren (lot 179).
Provenant de divers amateurs, une rare et très belle statue féminine Sénufo de la région du Folona au Mali, couverte de motifs gravés sur toute la partie supérieure du corps, a doublé à 280.800 € son estimation (lot 52, estimation : 80.000/120.000 €). Son style est à rapprocher de celle conservée au Museum für Völkerkunde à Leipzig. La patine d'usage sur les bras et la base du cou témoigne de son utilisation prolongée et répétée dans le cadre du Poro.
Une paire de bracelets manchette du Royaume de Bénin, Nigeria, entièrement gravée et recouverte de patine brun rouge a été préempté 21.600 € par le Musée des arts Premiers du Quai Branly (lot 38, estimation : 10.000 - 15.000 €). Chaque bracelet est sculpté d'une frise en bas relief alternant des cavaliers portugais de profil, des motifs végétaux et animaliers, symbolisant traditionnellement l'oba.
* les estimations sont hors commission d'achat
Sotheby's France - Galerie Charpentier
76 rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 Paris